Le lundi 26 mai 2008
Contrat social: un taux d'adhésion de 40 à 56 %


La collaboration des propriétaires terriens aide grandement les policiers dans leur lutte sans merci contre la production de cannabis.


Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Trois-Rivières

Le taux d'adhésion au contrat social dans la MRC des Chenaux atteint 56 %, ce qui correspond pratiquement à l'objectif de 60 %.



Dans les MRC de Maskinongé et de Mékinac, par contre, ce taux est bien en-deçà de l'objectif. Il atteint 40 % dans Maskinongé et 45 % dans Mékinac.

Mais la Sûreté du Québec demeure confiante que les propriétaires terriens seront nombreux à remplir leur formulaire dans les prochaines semaines. Leur collaboration aide grandement les policiers dans leur lutte sans merci contre la production de cannabis.

«Ça continue de rentrer. Il est trop tôt pour dire si on est déçu ou pas. On a fait un petit rappel dernièrement via l'UPA et les médias locaux. On va voir ce que ça va donner d'ici la fin du mois de juin», mentionne le capitaine Michel Dauphinais, directeur du poste de la MRC de Maskinongé.

«L'objectif demeure atteignable. Ça rentre encore», renchérit le lieutenant Éric Bellemare, directeur du poste de la MRC de Mékinac.

Le lieutenant Jean-François Deveault, du poste Des Chenaux, assure également que de nouveaux contrats sont reçus par la Sûreté du Québec pratiquement tous les jours.

Selon Michel Isabelle, maire de Yamachiche et lui-même producteur agricole, ce départ un peu plus lent dans Maskinongé et Mékinac peut s'expliquer davantage par un simple oubli que par des craintes ou une mauvaise conscientisation.

«La raison principale, c'est l'oubli. Dans des dossiers comme ceux-là, c'est humain, il faut répéter souvent, et peut-être que certains n'en ont pas saisi toute l'importance. Les gens ont reçu ces papiers, et pour diverses raisons, un certain pourcentage d'entre eux ont négligé de répondre. Il faut dire aussi que c'est relativement nouveau comme demande.»

Un rappel va d'ailleurs être fait par l'entremise des bulletins municipaux, et certaines municipalités ont même décidé de téléphoner aux producteurs qui n'ont pas encore adhéré au programme.

«Chacune des municipalités de la MRC ont convenu de faire un petit rappel. On va faire un rappel, soit par le bulletin municipal, ou certaines municipalités, comme nous à Yamachiche, ont convenu de faire quelques appels pour tenter d'augmenter le pourcentage. On pense qu'avec un appel personnalisé, ça va augmenter le pourcentage de réponse. Toutes les municipalités sont d'ailleurs complètement d'accord avec le programme», précise M. Isabelle.

Dans la MRC de Mékinac, un rappel sera fait par courrier aux producteurs qui n'ont pas encore rempli leur contrat.

C'est la première année que la Mauricie adhère à ce programme qui a vu le jour au Centre-du-Québec.

Les contrats sociaux permettent aux policiers de procéder sans délai à l'éradication des plants de cannabis sur les terres agricoles et forestières.

Auparavant, avant chaque saisie, ils devaient rencontrer le propriétaire et lui demander une autorisation.

C'est en février que la Sûreté du Québec a annoncé que ce projet allait être étendu à la Mauricie, soit dans les MRC de Mékinac, de Maskinongé et des Chenaux. L'optimisme était alors au rendez-vous, et certains intervenants disaient même espérer un taux de participation de 70 à 75 %.

Il faut dire que certaines MRC ciblent spécifiquement les producteurs agricoles alors que d'autres envoient le contrat avec le compte de taxes à tous les propriétaires d'une terre, cultivée ou non. Les propriétaires qui ne sont pas agriculteurs ne se sentent pas toujours concernés.

Quoi qu'il en soit, à l'instar de la Sûreté du Québec, M. Isabelle croit fermement à l'utilité des contrats sociaux.

«Depuis que les choses se sont resserrées sur la rive sud, les producteurs de marijuana cherchent à cultiver ailleurs. On va se protéger de la même façon que la rive sud s'est protégée. On ne peut pas enrayer complètement ce fléau-là, mais on a un partenariat municipalités, UPA et Sûreté du Québec. Je pense que c'est un partenariat gagnant.»

De plus en plus d’adhérents au Centre-du-Québec

Il n’est guère étonnant que le taux de réponse au contrat social dans deux MRC participantes sur trois en Mauricie se situe autour des 40% jusqu’à maintenant.

En effet, le résultat n’est guère supérieur au Centre-du-Québec où le programme existe depuis 2005.

Si ce taux peut sembler faible, il reste que le nombre de personnes qui signent le contrat social augmente d’année en année. Autant de personnes sensibilisées à la lutte au cannabis.

En effet, ce projet a d’abord pris racine dans les MRC de Nicolet-Yamaska et de Bécancour en 2005. Le taux d’adhésion était alors de 53 %. Sur 1344 contrats envoyés, 705 avaient été signés.

Un an plus tard, les MRC d’Arthabaska et de l’Érable emboîtaient le pas. Pas moins de 4048 formulaires ont été postés. Sur ce nombre, 1625 ont été signés, ce qui correspond à un taux de réponse de 40 %.

L’an dernier, le taux a diminué à 38 %, mais attention, cela est loin de signifier que les producteurs agricoles ont participé en moins grand nombre au projet. Au contraire. La façon de transmettre ces documents a tout simplement changé dans les MRC de Nicolet-Yamaska et de Bécancour.

«Elles ont décidé d’intégrer les contrats sociaux à l’intérieur des comptes de taxes. Donc, ils n’étaient plus envoyés seulement aux agriculteurs qu’on a rejoint par des campagnes, l’UPA ou différentes activités de sensibilisation, mais à tous les propriétaires qui avaient des terres suffisamment grandes pour faire de la culture. Donc, ce n’était pas nécessairement des agriculteurs», explique Mme Ghislaine Maurais, conseillère au commandant à la Sûreté du Québec.

Ces propriétaires ne se sentent pas toujours aussi concernés que les agriculteurs, soit parce qu’ils n’ont pas été sensibilisés à l’importance des contrats sociaux ou qu’ils ne croient tout simplement pas qu’ils puissent être touchés par cette problématique.

Donc, sur 5422 contrats envoyés, 2056 ont été signés en 2007.

«Le fait qu’on ait avisé des clientèles qui étaient peut-être moins sollicitées par la promotion, peut faire en sorte que le taux d’adhésion ait baissé un peu, mais au total, on a plus d’adhérents au contrat social», fait remarquerMme Maurais.

Autre nouveauté en 2007, les contrats sociaux sont valides pour une durée de 5 ans.
Mais au-delà du taux de participation, les contrats sociaux demeurent d’une efficacité indéniable, assure Mme Maurais.

«Je pense que le plus grand effet des contrats sociaux, c’est surtout la cohésion sociale qui se crée autour de la lutte au cannabis. Les gens sont plus informés, ils sont plus prêts à dénoncer, à appeler et à nous transmettre de l’information, parce qu’ils voient que ça donne des résultats. Alors qu’au début, les gens n’en voyaient pas vraiment l’impact, maintenant, c’est beaucoup plus reconnu comme efficacité d’intervention.»•


http://www.cyberpresse.ca/article/20.../CPNOUVELLISTE